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Affichage des articles du 2017

De quelle transition le Mali a besoin aujourd’hui ?

Ça y est, le débat est lancé. Les partisans et les adversaires d’une transition pour sortir le pays de la crise s’expriment, chacun en fonction de sa posture et de sa vision de l’avenir du pays. Mais au final, toutes les deux parties n’ont qu’un même et seul souci : la paix et la stabilité. Pour ma part, je vais tenter l’exercice, certes périlleux mais nécessaire, de rapprochement des positions des uns et des autres pour la simple raison qu’une sortie durable de la profonde crise en cours vers un Mali stable, en paix et prospère passe, aujourd’hui, par la recherche de convergences entre toutes les filles et tous les fils du pays.
À moins d’être dans le déni de réalité, à l’évidence, le Mali connaît des profonds dysfonctionnements qu’il faut résorber : 1º) la population, en majorité jeune, est aujourd’hui plus libre et mieux informée. Elle est partout en défiance ouverte vis à vis d’un État qui semble totalement déphasé et dépassé, 2º) les leaders politiques n’offrent plus d’alternative…

Après plus d’un demi siècle d’indépendance, l’Etat au Mali doit devenir un Etat malien

La question de la refondation de l'Etat est complexe et presque taboue. Mais, cette contribution est plus destinée à engager la réflexion sur une question majeure pour l’avenir du pays que d’apporter une réponse unique et définitive. Depuis 2012, le Mali, un pays qui était cité comme une référence en Afrique et dans le monde, dont nous même étions très fiers, est plongé dans une crise à plusieurs facettes et qui s’aggrave au fil des semaines et dont les voies de sortie sont encore loin d’être perçues. Cette situation doit interpeller toutes les composantes de la nation et obliger à un examen approfondi des causes de la crise afin de se donner les moyens d’en sortir en comptant sur les capacités endogènes d’abord. Celles des partenaires africains et internationaux ne doivent qu’accompagner et appuyer nos choix.
Une sagesse bamanan dit : « qu’au lieu d’en vouloir à l’endroit où on a chuté, il faut plutôt chercher là où on a trébuché ». Un regard rétrospectif sur l’histoire post-indép…

Et si l'élection présidentielle n’était pas possible en Juillet 2018. On fait quoi ?

Conformément à la Constitution en vigueur, le 28 juillet 2018 les électeurs maliens seront appelés à se rendre aux urnes pour élire le Président de la République. Déjà l'effervescence commence à se faire sentir dans les différents états-majors politiques à travers les discours et les mouvements des leaders. Mais comme en juillet 2013, cette élection présidentielle se tiendra dans un pays plongé dans une profonde crise politico-institutionnelle, économique et sociale qui est loin de se résorber. L'Accord de Ouagadougou signé en 2013 avec les mouvements armés de l'époque suivi des rencontres que le Président Dioncounda Traoré a eu avec l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et institutionnels du pays ont rendu possible la tenue des présidentielles et des législatives sur toutes les parties du territoire national et au final l'acceptation des résultats par toutes les parties en compétition. Mais en 2018, si les tendances actuelles se poursuivent, l'aggravation et e…

Seule une large convergence des forces politiques peut sauver le Mali

Le mercredi 4 octobre 2017, la 2ème édition de la journée nationale de la police malienne a été célébrée. Cette commémoration m'a remis en mémoire le lynchage d'un policier, le jeudi 10 août 2017 dans l'ACI 2000 à Bamako, suite à une altercation entre lui et une foule en colère. Mon propos n'est pas de défendre ou de condamner le policier lynché ou la dame houspillée selon la presse. Cette responsabilité revient aux autorités en charge de la justice et aux parties civiles concernées. 
Je rappelle simplement que le policier, au delà de l'individu qui est dans la tenue, symbolise les vertus que l'Etat, ses institutions et son administration doivent incarner. Il doit être le gardien de la paix dans la cité.Il doit être le gardien de notre sécurité individuelle et collective. Il doit être le secours et le recours le plus proche en cas de danger sur nos personnes et nos biens. Bref, il doit être le garant du respect des règles du vivre ensemble. Mais aujourd'hui …

La constitution comme synthèse des valeurs qui constituent le socle de nos sociétés

La révision constitutionnelle proposée par le Président Ibrahim Boubacar Keita et ses péripéties m'ont ramené à l'esprit une contribution, fort à propos, de Monsieur Babacar Kanté, Doyen honoraire de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université Gaston Berger de Saint Louis que j'avais lu il y a quelques années et que je vous propose ci-dessous. Le Doyen Kanté a été vice-président du Conseil Constitutionnel du Sénégal de 2002 à 2008. Il préside depuis 2013 le Conseil scientifique de la Revue Africaine du Droit Public et est également membre du Conseil de rédaction de la Revue Africaine de la Démocratie et de la Gouvernance. Il est actuellement chercheur associé (Senior Fellow) au Centre for Global Cooperation Research, de l’Université de Duisburg-Essen (Allemagne). Il est aussi membre de l’association WATHI.

Construisons la paix au lieu d'installer la guerre dans les régions du Centre du Mali

Depuis l'extension progressive dans les régions du Centre (Mopti et Ségou) de la crise sécuritaire qui s'est installée depuis près de quatre (4) ans au Mali, de plus en plus de voix s'élèvent pour parler d'un problème peul. D'aucun n'hésite même pas à crier au génocide dont les communautés peuls seraient les victimes. Bien sûr, les "bonnes âmes", intellectuels, chercheurs, experts, les droits de l'hommiste et les ONGs de toutes origines et de tous acabits, accourent de partout pour avoir une place de choix dans le partage des "dividendes" de la crise au Mali et au Sahel.

Les "Pas dits" du Président francais en ce qui concerne le Sahel

J'ai suivi avec intérêt la conférence de presse donnée par le nouveau et jeune Président français à la clôture du Sommet du G7 en Sicile. La partie qui a le plus retenu mon attention est celle relative aux axes prioritaires de sa politique dans les pays du Sahel. J'ai noté que la sécurité et le développement sont les secteurs prioritaires retenus d'une part et d'autre part le secteur privé et la société civile sont les acteurs majeurs que la coopération française compte cibler.

Les fausses peurs qui nous paralysent face aux reformes

Le débat en cours sur la révision constitutionnelle initiée par le Président de la République est édifiant sur la permanence d'un certain nombre de sujets qui sont devenus des tabous. Evoquer ces sujets ou envisager leur évolution, avec réalisme et anticipation,  apparaît, malgré la grave crise que vit notre pays, comme une hérésie avec le risque d'être traité de subversif, d'hérétique ou d'ennemi du pays.

Evitons de bâcler la prochaine révision constitutionnelle, sinon…

À la sortie des douloureux événements qui ont abouti au coup d’Etat du 26 mars 1991, une ConférenceNationale, regroupant des représentants de toutes les composantes de la nation malienne, a été organisée en juillet-août 1991 en vu de définir les nouvelles bases sur lesquelles le Mali doit se reconstruire. Cette rencontre a opté pour l'instauration d'une démocratie pluraliste, la construction d’un Etat de droit et la mise en chantier d'une reforme de décentralisation de la gestion des affaires publiques. Ces choix, charpentes de la constitution du 25 février 1992, ont été faits à la suite de longs débats qui ont suivi la présentation de l'état de la nation présenté par le Premier Ministre de l’époque. La nouvelle constitution a également réaffirmé, dans son préambule, le renforcement de l'unité de la nation dans le respect de sa diversité culturelle et linguistique.