Relancer la reforme de décentralisation pour sortir de la crise

Dans son discours à l'occasion de la commémoration du 24ème anniversaire des événements du 26 mars 1991, le Président Dioncounda Traoré a parlé des défis auxquels notre pays est confronté et que nous devons relever pour une sortie durable de crise. Ces défis sont énormes et multiformes.
Pour le Président de la République par intérim et il n'est pas seul, la relance du processus de décentralisation doit figurer parmi les premières priorités de l'après transition. Dans ce discours, il rappelait que la reforme de la décentralisation de la gestion publique était " la résultante concrète du consensus que notre pays devait être géré autrement en donnant au citoyen plus de responsabilités". il reconnaissait aussi que cette réforme majeure a connu l’enlisement ces dernières années.
Pour lui, "Il est impératif de remettre en selle cette reforme parce qu’elle participe de la justice sociale et de l’équité, elle participe du minimum démocratique et elle est la réponse aujourd’hui aux revendications de demain".
Le President de la République indique que la décentralisation de la gestion publique est surtout le moyen le plus efficace pour protéger ce que ce pays a d’essentiel : sa belle diversité et sa mosaïque humaine, de Kidal à Sikasso, de Tombouctou à Kayes.
Il dit enfin que la décentralisation est le liant le plus efficace pour ressouder notre pays que certains de ses propres enfants n’hésitent pas à malmener, ce pays qui nous a tout donné et à qui nous devons tout.
En échos à ce discours, je pense que la reforme de la décentralisation de la gestion publique peut être relancer à travers les cinq décisions politiques majeures que sont :
  1. Le vote d'une loi sur l'autonomie regionale et locale pour sortir de la notion paralysante de transfert de compétences et de ressources. Cette loi rendra obligatoire l'application du principe de la subsidiarité dans le domaine du développement régional et local,
  2. Le vote d'une loi affectant des pouvoirs et des ressources aux autorités coutumières identifiées selon les traditions des différentes communautés socioculturelles du pays,
  3. La poursuite de la réorganisation territoriale en vu de la création de nouvelles régions creusets d'un développement harmonieux et solidaire du pays,
  4. L'affectation volontariste de 30% des ressources budgétaires de l'Etat au développement régionale et locale mis en oeuvre sous la maitrise d'ouvrage des collectivités décentralisées,
  5. Le transfert de tous les services déconcentrés de l'Etat, travaillant sur le développement regional et local, aux collectivités décentralisées (communes et les régions).
Ousmane SY

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