Ils ont osé.....

Les dirigeants du parti Syriza de Grèce ont osé recourir à leur peuple pour confirmer leur choix de ne pas accepter le diktat de la technocratie financière européenne et internationale. Leur courage politique et surtout la confiance qu'ils ont placé en leur peuple afin de leur indiquer la voie à suivre mérite d'être salués.

En Afrique, nous avons été objet, tout au long des différents programmes d'ajustement structurel, de diktats semblables qui nous ont enlevé la maîtrise de notre destin et toute ambition de développement réduite à une succession de cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté.
Les prêteurs prescrivent nos priorités et nous endettent pour les mettre en œuvre. Puis, ils nous indiquent comment dépenser les prêts et aussi comment rembourser leurs crédits. Au final, de bout en bout, c'est celui qui paye qui décide. Mais quant les difficultés inévitablement surgissent, nous sommes les seuls responsables et les seuls à rembourser.
Des esprits malins me rétorqueront : mais pourquoi les dirigeants acceptent-ils d'endetter le pays à ces conditions ? Chacun a sa réponse à cette question. Ayant été impliqué dans la gestion des affaires publiques au haut niveau, mon avis est que c'est surtout le manque de confiance en notre peuple.
J'ai participé à des débats houleux sur le refus du diktat des prêteurs et la recherche de modalités supportables de remboursement de nos dettes. Mais la décision finale a toujours été du côté d'une majorité qui recommandent la modération. Mais le prêteur fini toujours par avoir le dernier mot.
Les arguments évoqués sont les difficultés à faire accepter les sacrifices inévitables en cas de rupture et surtout la peur viscérale de recourir au peuple pour aider à identifier et à tenir une position acceptable de négociation comme vient de le faire le Premier ministre et les dirigeants de Syriza.
Les politiques de Syriza ont osé prendre l'opinion du peuple grecque. Ils repartent aux négociations plus solides avec un mandat certes difficile mais claire. Ce qui vient de se passer en Grèce ces derniers jours nous enseigne que les politiques doivent toujours avoir confiance au peuple. Prendre son avis ne gêne en rien, mais au contraire renforce et rend plus légitimes leurs choix et leurs décisions.
Ousmane SY


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