Mon souhait pour que l'année 2017 soit celle du rêve collectif pour un Mali meilleur


Après deux décennies d'ambitions et d'espoirs pour un avenir radieux, notre pays s'est enlisé depuis quatre ans dans une crise qui paraît sans fin. Les causes de cette crise sont nombreuses, complexes, collectives mais aussi individuelles.

Les élites en général, les décideurs politiques, associatifs, communautaires et du secteur privé, les vieux , les jeunes, les hommes, les femmes, les partenaires de la communauté internationale, bref tous ceux qui agissent individuellement ou en groupe dans l'espace publique ont leur part de responsabilité dans l'effondrement de ce pays grand par son histoire et sa géographie.
Il est courant de lire dans les journaux et sur les réseaux sociaux des invectives souvent à la limite de l'insulte des jeunes contre leurs aînés et leurs pères, des électeurs contre leurs élus, des activistes sociaux contre les dirigeants du pays, des "soudanais" contre les "maliens", des femmes contre les hommes. Ces chamailleries peuvent continuer longtemps, mais ne suffiront pas à sortir le Mali de la crise. 
Au Mali, comme dans tous les pays du monde, il y a des bons et des mauvais citoyens, des leaders honnêtes et des décideurs voyous et immoraux. Mais ne dit on pas que les peuples ont les chefs qu'ils méritent. Depuis la date historique du 26 mars 1991, ce sont les maliennes et les maliens qui votent pour élire en toute liberté les personnes auxquelles sont confiées le pouvoir de construire le futur du pays. C'est un droit et une liberté qui sont encore individuellement et collectivement mal gérés. 
Parmi les faits graves et humiliants qui ont terni pour longtemps l'image de la nation fière et digne du Mali depuis mars 2012, je rappellerais simplement deux très mauvais souvenirs qui m'ont  fortement ébranlé et fait douter. D'abord, pendant les jours sombres qui ont suivi le putsch, tout ce que le pays compte de leaders politiques et sociaux, n'arrivant à se réunir et se parler au Mali, s'est transporté à Ouagadougou à l'invitation de Blaise Compaoré pour aller s'insulter et se donner en spectacle. Ce jour là j'ai douté de la grandeur de notre peuple. Ensuite, des dizaines de jeunes maliens se sont transportés au Palais de Koulouba pour agresser et tabasser à mort le Président de République, un homme âgé de plus de soixante dix ans. Où est passé le grand Mali me suis je demandé ce jour, car à mon avis notre pays avait touché le fond de l'abîme. 
Cependant, je persiste à croire que nous pouvons et devons nous ressaisir et au plus vite. La capacité d'un pays à réagir positivement pour sortir d'une crise tient à un ensemble de facteurs que sont : la confiance en soi, la cohésion des groupes et leur aptitude à se mobiliser autour de défis communs, la capacité des acteurs à se projeter dans l'avenir et enfin la valeur des élites et des dirigeants.
À l'orée de cette nouvelle année, faisons collectivement le vœux d'un Mali uni, stable, en paix et prospère. Osons rêver d'une nation qui décide de sortir de la crise par le haut grâce à la mobilisation de ses propres capacités. Le patrimoine culturel, dont nous sommes tous très fière nous en donne les leviers, si seulement nous prenons le temps d'en extraire ses valeurs éthiques et morales fondatrices que les mandinka appellent  le "dambé", le "yoroya", le "ladriya", etc...

Bonne et heureuse année 2017 à toutes et à tous
Ousmane SY
Commandeur de l'Ordre National

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