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Mon souhait pour que l'année 2017 soit celle du rêve collectif pour un Mali meilleur

Après deux décennies d'ambitions et d'espoirs pour un avenir radieux, notre pays s'est enlisé depuis quatre ans dans une crise qui paraît sans fin. Les causes de cette crise sont nombreuses, complexes, collectives mais aussi individuelles.

Il faut oser penser le changement

Je suis convaincu de beaucoup de maliennes et de maliens ont aujourd’hui l'intime conviction que ce sont les choix politiques, institutionnels, économiques, sociaux et culturels, dans lesquels notre pays s'est installé qui, sont la cause principale de l’impasse faite de pauvreté, d'insécurité, de dépendance et d'humiliation de toutes sortes. Mais pour diverses raisons, imaginer et formuler collectivement une alternative pour sauver le pays nous semblent au dessus de nos capacités.

Cette démocratie n'est pas pour nous

La définition admise de la démocratie, selon la célèbre formule d'Abraham Lincoln est : le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Cette définition n'a sens que si elle est adossée à une somme de valeurs éthiques et morales qui lui donne toute sa consistance.

Pour un Mali uni et stable, il ne suffit plus de réviser la constitution, il faut la refonder

A l’occasion d’un atelier organisé en mai 2008 à Lomé (Togo) par l’Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique (ARGA) sur le thème « L’Afrique en quête d’alternatives constitutionnelles innovantes », le Professeur Assane MBaye de l’Université  Cheikh Anta Diop de Dakar ne disait-il pas que le   procédé d’élaboration et d’adoption des constitutions issues des Conférences Nationales des années 1990 a fait croire qu’elles étaient véritablement une œuvre collective impliquant tous les segments de la nation et que, partant, les compromis qu’elles ont formalisés jouissaient d’une certaine intangibilité qui devait en assurer la durabilité et la préservation des processus de démocratisation contre les volontés individuelles.

L’Etat malien a des problèmes avec toutes ses communautés, pas seulement les peuls

La Nation malienne est pluricommunautaire [1] . Chaque malienne et malien, s’identifie d’abord par sa communauté ethnique (le nom porté) et il ou elle en est fier(e). Aujourd’hui encore, de par son nom, on est peul, bambara, bwa, soninké, songhaï et aussi malienne ou malien. La colonisation, à travers la reconnaissance des chefs autochtones qu’elle a trouvé en place ou souvent l’installation des nouveaux chefs choisis au sein les communautés, a utilisé la logique communautaire à son profit. Pour la réalisation de son projet politique et économique, le pouvoir colonial s’est appuyé sur ces pouvoirs locaux auxquels il a accordé des prérogatives. Les pères de l’indépendance, pensant libérer les communautés de l’oppression, ont combattu les chefs de canton considérés comme des relais ou suppôts de l’administration coloniale.

Sauvons l'Accord pour la paix et la réconciliation pendant qu'il est encore temps

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Mon parcours politique et professionnel m’a appris que le leader indique l’objectif à atteindre et les gestionnaires proposent le chemin le plus court et le moins coûteux pour l’atteindre. Ceci me fait percevoir l’Accord pour la paix et la réconciliation issu des pourparlers d’Alger et signé à Bamako comme un arrangement politique bâti autour d’un ESPRIT et d’une LETTRE. Construire un Mali uni, stable et prospère est l’esprit de l’Accord ; les réformes et les moyens à mobiliser pour y parvenir en sont la lettre.

La mauvaise gouvernance est la cause première de l’insécurité généralisée et persisante dans les pays du Sahel

En dépit des immenses progrès de l’humanité dans les domaines de la science et des technologies, la pauvreté devient endémique et s’approfondie dans les pays dit en développement. Le néo-libéralisme triomphant, bâti sur le principe de la primauté du marché sur l’Etat dans les régulations économiques et même sociales, a semblé triompher à l’échelle du monde. Mais les crises liées aux aléas du climat, aux migrations dues à la paupérisation et à la multiplication des conflits montrent les limites du modèle économique prôné par les institutions qui gouvernent le monde. En Afrique et particulièrement dans les pays du Sahel, les gestionnaires publiques sont de plus en plus désarmées face à la dégradation continue des environnements politiques, institutionnels, naturels et humains de leur territoire.